Ce qui se cache derrière le bleu de travail

Ce qui se cache derrière le bleu de travail

travailleur en vêtement de travail, pas encore HABILE mais déja en bleu

Découvrez 300 ans de conscience de classe

Lorsque l’on pense “vêtement en toile bleu iconique”, la première occurrence c’est le jean denim. Pourtant s’il a eu un succès outre-atlantique, c’est bien le bleu de travail qui a marqué l’Europe moderne.

Jamais un vêtement n’a autant incarné les profondes mutations du monde du travail. Il est empli des revendications de la classe ouvrière.

Si la plupart des gens l’associent au XIXème siècle, au coeur de la révolution industrielle. Le bleu de travail remonte à une époque bien antérieure. Il devance même la Révolution française. À bien des égards, on ignore beaucoup de choses sur son rôle et sur son origine. 

C’est un textile imprégné de valeurs, de labeurs et de luttes. Il porte près de 300 ans d’histoire sociale, économique et symbolique.

ouvrier en noir et blanc, tourneur en veste de travail

Une coupe idéale pour protéger et faciliter le geste

Si c’est sa couleur vive qui retient l’attention, le bleu de travail tire son principal intérêt de sa fonction. C’est le choix d’une coupe avant la couleur. Conçu pour le travail, il répond parfaitement aux transformations du monde ouvrier.

Tout commence aux prémices de la révolution industrielle. De 1760 jusqu’en 1840 environ, c’est l’apparition des machines dans les ateliers et les usines. Mécaniques puis automatisés, les outils de production se modernisent. Dans ce contexte d’innovation, l’organisation du travail s’en trouve bouleversée. Et la vie des ouvriers avec.

Dans les usines, les accidents de travail se multiplient. Nombreux sont les travailleurs happés par les engrenages des machines. Les vêtements et les membres sont souvent arrachés. Il n’est pas rare de voir des ouvriers mutilés, ayant perdu un bras, une jambe ou une main pris dans les rouages.

Il fallait donc trouver une tenue parfaitement adaptée aux nouveaux modes de travail. Un vêtement qui puisse protéger le travailleur du danger. Le bleu de travail est la réponse à cette exigence de sécurité.

Finies les tenues civiles aux manches trop amples et aux coupes trop larges. On privilégie une coupe simple et droite. Idéale pour protéger le corps sans limiter le mouvement.

femme en noire et blanc avec une veste de travail et un outils à la main

Le choix de la matière se porte sur la toile. Une toile épaisse qui convient autant aux fortes chaleurs qu’au froid. Très résistante, elle évite les coupures et les griffures.

L’avantage de la toile, c’est aussi sa facilité d’entretien. Elle prend moins la poussière. Le bleu de travail se garde plus longtemps que les tenues ordinaires.

Au départ, il consiste en une pièce unique. Une blouse fermée avec une ceinture autour de la taille. Il se veut confortable et pratique. Les poches sont plaquées sans rabat, suffisamment larges pour accueillir les outils du quotidien : mètre, instruments et carnet technique.

Puis il se transforme en différents vêtements : veste, pantalon, chemise. Chaque métier y trouve son compte. Pour le métallurgiste, il est porté avec un tablier en cuir. Idéal contre les fortes chaleurs, les brûlures et les jets de braises. Pour l’ouvrier textile, sa couleur foncée cache les salissures et les éclaboussures, tout comme les projections de graisses.

Le bleu de travail réduit fortement les accidents. Il devient le premier EPI (équipement de protection individuel) de l’histoire du travail. Simple à enfiler, Il est confectionné pour protéger le travailleur et ses vêtements.

nuancier d'échantillon de tissu bleu constitué pour la sélection HABILE

Une couleur inattendue et révolutionnaire : le bleu de Prusse

Le bleu de travail a failli ne jamais être bleu.

D’ailleurs, le choix d’une couleur foncée n’est pas si évident pour l’époque. Car si le foncé a l’avantage de rendre les tâches moins voyantes sur le textile, colorer les vêtements était autrefois fastidieux.

La coloration coûtait chère et se fixait mal sur la toile.  Alors les couleurs foncées étaient plutôt réservées aux gens riches. Elles n’étaient pas du tout destinées aux travailleurs qui usaient rapidement leurs vêtements.

La couleur originale du bleu de travail est le bleu de prusse. Appelé aussi bleu de Berlin en raison de sa ville d’origine, c’est le premier pigment synthétique moderne. 

Comme d’autres inventions, sa découverte est purement accidentelle. Elle se situe entre 1700 et 1704. Elle est inventée par un marchand de couleurs, Johann Jacob Diesbach. Il découvre cette teinte suite à une expérimentation ratée.

Celui-ci voulait reproduire la laque de Florence, de couleur carminée, c’est-à-dire rouge. Un pigment qui s’obtient par un mélange de cochenille, d’alun, de sulfate de fer et de potasse.

A court de potasse, il en emprunte à son collègue. Mais la sienne est déjà mélangée à une préparation à base de sang d’animal. Une fois le procédé chimique réalisé, la couleur rouge tant attendue vire au pourpre puis au bleu. C’est la naissance accidentelle du bleu de Prusse.

Cette erreur de mélange va se transformer en vaste profit. Grâce au bleu de Prusse, le pigment obtenu est très profond. Il a une excellente tenue sur la toile et s’obtient par un procédé facile et économique. Pendant des années, sa composition est si rentable qu’il va être jalousement gardé.

maintenance d'une machine par un ouvrier en 1930

L’uniforme de la classe ouvrière

Pratique et économique, sa résistance fait ses preuves. Elle lui ouvre les portes de tous les ateliers et usines. Au milieu du XIXème siècle, c’est le vêtement de travail par excellence. Il devient la norme chez l’ouvrier.

Les patrons des grandes usines le fournissent gratuitement. Dans les petits ateliers, c’est à la charge de l’ouvrier de se le procurer et de l’entretenir.

La pièce se garde le plus longtemps possible. Elle se raccommode au gré des nécessités. Le rapiéçage du bleu de travail est en effet monnaie courante. Ce patchwork successif de pièces bleues se retrouve encore aujourd’hui dans certaines friperies.

Les syndicats d’ouvriers se battent pour son obtention auprès des patrons. Il fait partie des acquis sociaux de la classe ouvrière.

Son succès l’emmène en dehors de l’usine. Il est adopté par les peintres, les marins, les cheminots et les facteurs. Avec sa démocratisation, c’est aussi un sentiment d’appartenance de classe qui émerge.

Si le bleu de travail est l’uniforme du travailleur, le monde ouvrier se divise sur sa symbolique.

Pour certains, porter le bleu de travail est une fierté. Il marque l’appartenance à son usine, à sa classe sociale. Pour d’autres, c’est le signe d’une classification inférieure. Au point où certains ouvriers le refusent.

Notamment chez les ouvriers spécialisés. Ils y voient la marque de leur asservissement. Leurs métiers plus techniques commencent eux aussi à être touchés par l’automatisation des tâches.

En optant pour le bleu de travail, l’ouvrier se distingue des patrons et des contremaîtres. C’est le début de la séparation cols blancs - cols bleus. Le bleu de travail devient alors un mode de vie et une conscience de classe.

une veste habile couleur bleu de france en lévtation

Un vêtement de travail détourné

A partir des années 70, les ouvriers délaissent le bleu de travail. Il n’est plus synonyme de dignité. Ils lui préfèrent la blouse. Ou bien ils souhaitent venir avec leurs propres vêtements. Ils revendiquent ainsi leur liberté de s'habiller comme ils le veulent.

Au même moment, il est récupéré par toute une frange étudiante lors des manifestations de Mai 68. Bien qu’ils ne fassent pas partie de la classe ouvrière, certains militants l’arborent fièrement. Le bleu de travail représente la convergence des luttes ouvrières et étudiantes.

Il sort de son utilité première pour entrer dans la culture populaire. Puis il fait son apparition dans les défilés haute couture. Repris par des couturiers comme Dior, Marithé et François Girbaud, il défile sur les podiums. Devenant ainsi un vêtement intemporel. 

Après les ouvriers, les étudiants et la mode, ce sont les artistes qui l’adoptent. Comme le photographe New-Yorkais Bill Cunningham qui affectionne ses grandes poches. Elles s’avèrent parfaites pour y glisser son appareil photo et son carnet de notes.

Pour la plasticienne Annie Perrin c’est sa valeur symbolique qui l’attire. Dans son installation artistique, elle expose des bleus de travail entassés. A travers eux, elle dénonce les délocalisations qui brisent les vies et les métiers des travailleurs locaux.

Quelle que soit son évolution, le bleu de travail reste intrinsèquement lié aux valeurs du travail. Il est associé à l’identité ouvrière au sens premier du terme. À la culture du faire. Artisanale et artistique.

veste HABILE bleu de france avec un zoom sur le col monogrammé

Le bleu de travail HABILE

Si le bleu de travail fait son grand retour aujourd’hui, c’est pour les mêmes raisons qu’autrefois. Les adeptes du workwear aiment sa praticité à toute épreuve.

Il est le vêtement durable par excellence. Et c’est justement dans cette logique de durabilité que la marque française HABILE réactualise le bleu de travail.

Il est aujourd’hui l’étendard d’un vestiaire à la fois intemporel, et profondément moderne. C’est une pièce iconique qui peut se porter toute une vie. 

La coupe de la veste HABILE est droite, unisexe sans être uniforme. Elle a été conçue pour s’adapter à toutes les morphologies, petit, grand, fille ou garçon.

Sa matière, c’est du sergé de coton. 100% naturel. Un tissu confortable, respirant et surtout ultra résistant. Avec une souplesse appréciable, notamment par rapport au Moleskine, grâce à ses fils croisés.

Durable, il respecte votre peau et l’environnement. Il est fabriqué au Portugal sous le Label Oeko-tex standard 100, la plus exigeante des certifications environnementales en teinturerie. La couleur ne dégorge pas.  Pas de risque au lavage. Ce qui lui permet d’être porté encore et encore, pendant longtemps.

Fonctionnel, il convient à toutes les saisons. Été comme Hiver. Il remplace la veste en jean et évite ainsi l'effet double denim. Ce qui explique son succès auprès des streetstylers. Il peut aussi s’enfiler sous une autre veste et offrir alors un joli camaïeu de bleu.

Réversible, il se retourne en un geste pour changer de look. Le bleu de travail HABILE, c’est deux vestes en une. Un avantage unique vs les bleus de travail traditionnellement proposés. Il se porte en journée comme en soirée. Selon vos envies et votre quotidien.

Réinventer le bleu de travail cela passait aussi par une finition parfaite : La veste HABILE est travaillée dans ses moindres détails : des doubles piqûres et un imprimé directement sur l’envers. Sans effet doublure. Des boutons pression à double tête, à la fois chic et pratiques pour boutonner la veste dans les deux sens… Un condensé de savoir-faire revisité pour vous.

Pour tous ceux qui veulent un vêtement fier et fonctionnel. Dans sa couleur bleu de France ou ses variantes (bleu outremer, vert pin ou gris bleu) 

Vous allez aimer le porter. Pendant longtemps.

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